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De nombreux témoignages se trouvent aux Etats-Unis avec le travail impressionnant de l'association "Now I lay me down to sleep" ainsi qu'au Canada avec Manon Allard et Martine Gendron qui créent une fondation.
En France, malgré la toute récente activité de l'association, nous avons néanmoins pu recueillir des témoignages émouvants et encourageants.
  • Témoignage d'une maman après la retouche de la photo de son bébé

    Parce que les photos de qualité sont si importantes pour les parents endeuillés ... nous continuerons notre combat pour convaincre les maternités de collaborer avec Souvenange. Et s'il fallait une preuve supplémentaire, voici le témoignage d'une maman après avoir reçu la retouche que nous lui avons offerte

    "tout d'abord je voulais vous remercier pour votre rapidité. c'est les mains moites que j'ai téléchargé les différents fichiers . merci à Martine et Jean !... merci car ils m'ont fait découvrir des traits de N que je n 'avais pas remarqués . dès l'ouverture de la photo couleur, j'ai cru voir mon cousin ... c'est incroyable ... mon petit N aurait certainement ressemblé au côté de sa maman mercredi c'est mon anniversaire, et je ne pouvais pas avoir plus beau cadeau, que la photo de mon fils qui me manque énormément ... merci pour tout ce que vous faites, continuez car nous parents, on en a besoin ... c'est les yeux plein de larmes que je vous écris ce mail, mais des larmes de reconnaissance , je vous suis très reconnaissante, pour ce que vous m'avez apporté ce lundi 14 mars ... merci... bonne journée à vous et vos équipes ... ... cet après midi, j'ai montré la photo de N à son papa, sa grand mère... et une de ses grandes sœurs ... c'est la première fois que ma fille L voyait son petit frère de face, et j'ai vu dans ses yeux une belle émotion également ... N est "enfin" présenté aux siens , et cela n'a pas de prix, c'est magique !!!... encore merci à vous ... et bravo pour votre travail..."

  • Témoignage d'une maman dont Hélène Delarbre, Présidente de l’association, a photographié la petite fille décédée à la maternité

    Je vous écris pour vous remercier pour le CD photos de ma petite puce, vous m'avez fait un beau souvenir.
    Je l'ai en photo chez moi, ça me fait du bien, elle est présente avec nous.
    Je veux vous dire que ce que vous faites pour les parents qui vivent le deuil périnatal est un beau cadeau.

  • Témoignage d’une maman dont l’association a retouché à quatre mains les photos de sa petite fille décédée il y a 4 ans ½

    J'ai mis du temps à répondre car vraiment vous m'avez "scotchée", ces photos sont magnifiques ! Vraiment MERCI MERCI !!
    Nous allons enfin avoir des photos que nous pourrons mettre chez nous et surtout montrer à notre fille.
    Pour nous il n'y a plus rien à retoucher, ces 3 photos nous conviennent  merveilleusement bien.
    Je m'accrochais à l'espoir de pouvoir "utiliser" les photos de l'hôpital mais je ne n'avais jamais franchi le pas et là c'est ma fille, en me demandant de plus en plus des choses sur sa sœur et me dire qu'elle aimerait la voir en photo, ça m'a poussée à le faire et maintenant je me dis que j'aurais dû le faire plus tôt ne serait-ce que pour moi et mon mari...
    Ce que vous faites est tellement merveilleux pour les personnes qui peuvent faire appel à vous pour avoir des photos de leur bébé décédé, des photos prises avec attention, bienveillance et pas à la sauvette par des équipes médicales....
    Je ne pourrais jamais assez vous remercier de ce que vous avez fait pour nous, je n'exagère pas quand je dis que vous m'avez redonné ma fille.
    Merci encore.

  • Témoignage d’Annabelle, maman de la petite Elise, née sans vie le 19 septembre 2013

    Notre fille Élise est née sans vie le 19 septembre 2013, suite à une interruption médicale de grossesse pratiquée 12 heures avant l’accouchement. Nous avons su plusieurs semaines avant sa naissance qu’elle ne naîtrait pas vivante. Dans notre malheur, cela nous a donné la chance de préparer son arrivée du mieux que nous pouvions, sans être pris complètement de court.

    Préparer son arrivée, cela a signifié organiser ses obsèques mais surtout penser aux traces que nous pourrions garder d’Élise. Parmi elles, il y a notamment un double des vêtements qu’elle porte dans son cercueil, un double de son doudou, l’empreinte de ses pieds. Mais les plus précieux souvenirs que nous avons d’elle, ce sont les photographies.

    Nous avons la chance d’avoir « beaucoup » de photographies d’Élise et, qui plus est, différents types de photographies. Voici l’ordre dans lequel nous avons obtenu – et donc vu – ces photographies :
    • Les photographies que nous avons prises nous-mêmes en salle de naissance et en chambre mortuaire. Ce sont les plus nombreuses parce que nous avons essayé de la photographier sous différents angles (en entier, son visage, ses mains, ses pieds, etc.).
    • Les photographies qu’une amie proche – photographe professionnelle – a accepté de prendre en salle de naissance. Ce sont les plus belles, les plus douces, les moins triviales, les plus présentables, les moins douloureuses.
    • Les photographies que la sage-femme de l’hôpital a eu le mérite de prendre.
    Si nous n’avions pas eu la chance ou la possibilité d’avoir d’autres photographies, nous aurions dû nous contenter à jamais de ces deux seuls clichés flous, mal éclairés et mal cadrés.
    • Les photographies macroscopiques qui ont été prises par le médecin qui a pratiqué son autopsie.
    Le mérite de ces photographies, par ailleurs très froides et distantes, est qu’elles la représentent en entier et nue, sans fard, sans vêtement. C’est elle, entièrement elle, uniquement elle.

    Nous avons en tout et pour tout une cinquantaine de photographies. Cinquante photographies pour toute une vie. Dérisoire et nécessaire à la fois.
    Ces photographies sont le témoin de son existence, de son séjour dans mon ventre, de son passage sur terre, de son empreinte sur nos vies.
    Ces photographies sont la preuve qu’elle existe, même si elle n’est plus.
    Ces photographies sont notre seule façon de la présenter à qui veut bien la « rencontrer ».
    Ces photographies sont notre seul moyen de nous souvenir de son visage et de son corps, car tous les souvenirs s’effacent, tous.

    Ces photographies, je ne les regarde qu’occasionnellement, selon mon envie, mon état d’esprit, mon besoin, mon humeur, le moment. Je peux rester plusieurs jours, voire plusieurs semaines sans les regarder. Mais au moins elles existent.
    Mieux vaut qu’elles existent « pour rien » plutôt que de regretter qu’elles n’existent pas.

    On dit souvent que photographier, c’est immortaliser. Pour nous, c’est exactement ça : avec toutes les photographies que nous avons d’Élise, c’est comme si elle était un peu immortelle, presque un peu moins morte.

    Du haut de ma petite et terrible expérience, je souhaiterais adresser quelques conseils à ceux qui seraient amenés à prendre des photographies d’un bébé décédé, selon les possibilités et les souhaits des personnes concernées :
    • Prenez le plus de photographies possible de l’enfant, sous tous les angles, sous toutes les coutures. Chaque détail sera précieux ; chaque photographie sera un trésor.
    • Photographiez l’enfant avec ses parents, voire ses frères et sœurs s’il en a.
    • Photographiez l’enfant nu, entièrement nu : sans fard, sans bonnet, sans vêtement.
    • N’oubliez pas qu’il n’y aura pas de seconde chance : mieux vaut en faire trop que pas assez.

  • Témoignage de Laurie, maman de Clément, décédé le 28 août 2013, mis au monde le 30 août 2013

    Nous avons appris le décès brutal de Clément un mercredi suite à une échographie. L'équipe médicale nous a expliqué le déroulement des jours qui allaient suivre (mon accouchement allait donc être déclenché 48h plus tard).
    Pendant ce temps, nous pouvions téléphoner autant de fois qu'on le voulait à la maternité afin que les sages-femmes répondent à nos questions. Tout le monde était très à l'écoute et prévenant. On nous a entre autre dit que des photos seraient prises par une sage-femme, et qu'on nous remettrait les empreintes de notre enfant.
    Le jour J, après l'accouchement, notre bébé dans les bras, notre sage-femme qui nous a accompagnés avec bienveillance, compassion, d'une façon merveilleuse, nous demande si on a un appareil photo... Mon mari et moi échangeons un regard, moment de... panique !
    Déstabilisés, décontenancés, nous réalisons que nous avions mal compris, que c'était à nous de prévoir de quoi prendre des photos. Heureusement, mon mari a un téléphone qui offre des photos de relativement bonne qualité.
    Notre sage-femme en prendra 7. Elles se ressemblent beaucoup, en réalité il n'y en a que 3 réellement différentes. Les positions varient peu, les visages également, forcément. Nous voyons celui de notre fils plutôt de loin, avec ma main perfusée sur son corps recouvert du drap de la table d'accouchement. Mais au moins, nous sommes à trois dessus.
    Contrairement aux photos prises par une sage-femme, quelques heures/jours (?) plus tard où Clément apparaît de très près, flou, mal éclairé, du sang sur son petit col de pyjama.
    J'aurai aimé avoir des photos de plus près, mon bébé dans d'autres positions, ses mains, ses pieds, tous ces petits détails qui nous ont échappé pendant ces 3 uniques heures trop rapides passées avec lui.
    L'équipe a vraiment été d'un soutien inébranlable. Je pense cependant que chaque membre gravitant autour de cet accompagnement du deuil périnatal ne réalise pas forcément le pouvoir de ces photos, en positif comme en négatif et la place qu'elles peuvent avoir maintenant dans nos vies.
    C'est maintenant la seule manière concrète de présenter notre enfant à nos proches, d'être réunis tous les trois et de faire connaître notre aîné à ses futurs frères et sœurs.
    Ma mère m'a dit après coup qu'elle pense se souvenir avoir eu son appareil photo dans son sac... mais jamais, dans un tel moment, elle n'aurait osé demander/proposer de faire des photos. C'était déjà tellement une chance pour elle d'être là et de pouvoir rencontrer son petit-fils.
    Les équipes peuvent alors, si elles sont alertées, formées, sensibilisées, être un magnifique soutien pour les parents endeuillés qui sont, à ce moment précis, plus que sous le choc et ne pensent ni à tout cela ni à se projeter.
    Nous avons eu la chance, par la suite, de rencontrer Hélène Delarbre, présidente de l’association Souvenange Photographie France. Elle a accepté de rendre nos photos plus douces, plus faciles à partager et à regarder. Des couleurs plus jolies, moins de flou, du noir et blanc pour adoucir. Pour rendre hommage comme il se doit à notre fils, dont les photos resteront à jamais l'unique souvenir physique de son passage parmi nous.

  • Témoignage d'une maman endeuillée en 1999

    Les deux seules photos qui m'ont été remises par la maternité sont 2 polaroïds flous, sans lumière, 2 clichés que je n'ai jamais osé montrer, ni à ma famille, ni à mes amis, ni à mes autres enfants. Je n'ai vu ma fille que brièvement à sa naissance, mais les souvenirs s'effacent avec le temps. Et puis, j'étais en état de choc, et je pense que ma mémoire a mal gravé cette image, voire pas du tout. Aujourd'hui, je n'ai plus aucun souvenir mémoriel du visage de ma fille. Il ne me reste comme trace tangible et palpable de son passage sur terre que ces deux clichés. Ils ne m'ont pas suffi et ils ne me suffisent pas, autant d'années après, à faire mon deuil correctement. Ils ne m'ont pas non plus permis de montrer - prouver devrais-je dire - au monde que cet enfant avait bel et bien existé ; et donc par là même de prouver aux autres que ma souffrance était bien réelle.

    J'ai vécu ce deuil comme un événement dramatique. Mon entourage l'a vécu comme un non-événement. Si j'avais eu des photos à partager, je pense que j'aurais pu faire comprendre à mon entourage à quel point ma douleur était concrète et incontestable... Aujourd'hui, je souhaite(rais) que plus aucun parent endeuillé n'ait comme seul souvenir de son enfant des photos comme les miennes. Leur douleur est incommensurable et il faut tout faire pour aider leur chemin de deuil. Leur offrir des photographies de qualité y contribuera j'en suis certaine !