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Photographe

Je me nomme Céline, j'ai 30 ans et je réside sur Paris avec mon compagnon Sébastien, notre petit garçon Arthur ainsi que Helmut, Célestine et Philomène (nos 3 chats) et Séraphine et Lulu (nos petites rates).
Je suis monitrice éducatrice de métier, travaillant actuellement auprès d'enfants atteints de TSA (autisme) et bien sur, photographe à mes heures pas si perdues que ça.

Mon chemin vers Souvenange a été mouvementé et quelque peu atypique ayant d'abord intégré l'équipe d'une autre association semblable qui a fermé ses portes il y a peu. En conséquence j'ai commencé depuis plusieurs mois les démarches longues, complexes et ingrates (oui oui) auprès des nombreuses maternités parisiennes, s'apparentant à un travail de fourmi (oui oui bis).
Avant de rejoindre cette association j'ai donc déjà effectué des séances photos de petits anges et approché de près toutes ces émotions très brutes auxquelles les bénévoles de Souvenange sont régulièrement confrontés.
Je me souviens de l'angoisse, de cette attente avant d'entrer en salle de naissance pour ma première séance. J'en ai bu du café avec les mains moites et tremblantes en vérifiant 55 fois que j'avais bien tout mon matériel photo.
Comment réagir face à ces personnes qui vivent le pire ?
Comment gérer cette triste situation et cette exposition à tant de douleurs ?
Et si je pleure ? Mais qu'est ce que je fais là si je me demande tout ça ?
Comment photographier sereinement un bébé décédé ? Oui la vraie question est là.
Et puis je les ai rencontré ces par'anges, j'ai rencontré ce petit garçon qui s'était envolé un peu plus tôt. J'ai réalisé l'évidence. Je n'étais pas là pour soulager ces gens. Qui pourrait les soulager ? Personne. J'étais juste là pour les accompagner à ma manière à moi, avec ce que je pouvais leur offrir en tant que photographe. Pas de fausse prétention, pas de grande promesse mais la simple proposition d'images dignes et douces de leur petit bonhomme là, avec eux.
J'étais là pour faire que les images de ce bébé existent et soient disponibles pour tous ses proches, selon leur avancée future dans ce deuil, selon aussi leur manière différente de le vivre.
Je sais aujourd'hui que le papa de ce petit ange n'a pas encore voulu voir les photos de son fils, contrairement à la maman, mais ça le rassure de savoir qu'elles existent et il voudra les voir le jour où il se sentira prêt.
On garde tous en tête l'image des êtres chers qui nous ont quittés car ils nous ont accompagnés dans nos vies, parce que nous on a eu la chance d'avoir le temps. Photos de familles, photos de vacances, photos de fêtes... Ces par'anges, sauf intervention d'un photographe, n'ont pas ça.
Photographier un bébé décédé ce n'est pas étrange, ce n'est pas malsain, non, c'est offrir un souvenir car se souvenir de la personne qui nous manque est primordial. Photographier respectueusement un bébé décédé à la demande de ses parents c'est simplement une démarche bienveillante d'accompagnement et de soutien, c'est tout.