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Photographe

Je suis Rémi, cinquante ans, marié, trois jeunes enfants. 
Dans ma famille, le deuil périnatal se « transmet » de mère en fille depuis plusieurs générations.
Et puis la vie te fait comprendre que cela touche tout le monde au travers du décès de ma première compagne, et de tous nos projets. 
La reconstruction a été longue, puis le soleil revient éclairer la vie. Nouvelle rencontre, nouveaux projets, premier bébé tout est bonheur. L’arrivée du second est moins heureuse. Transporté précipitamment en urgence néonatale une demi-heure après la naissance, tu te retrouves dans un couloir en pleine nuit à attendre des nouvelles à la lumière des veilleuses de sécurité. Une chanson hante ton esprit (Juste après, de J.J Goldman), tu penses à l’enfant, à sa maman qui nous a vu partir et qui a encore moins d’informations. Et puis, quelques heures après, une personne vient te rassurer. Tout va bien, il reste quand même en observation et dans la journée qui se lève la maman pourra le rejoindre. Je ne pense pas à moi, mais à mon épouse, à cette petite fille qui attend de rencontrer son petit frère, à tous ces enfants prématurés qui sont autours de lui, à leurs parents. 
Et si ……. C’est alors que je commence une réflexion sur ce que mes parents ont pu vivre, ainsi d’autres parents. Je prends la mesure de cette chance que je viens d’avoir, égoïstement….
Après avoir œuvré pendant des années pour des associations d’aide aux enfants malades, j’arrive à un virage dans ma vie qui me permet « d’accepter » plus sereinement la mort. Même celle de tout jeune enfant. Je peux enfin comprendre (même sans avoir porté un enfant dans ma chair) la souffrance que cela implique pour les parents, les mères et aussi les pères. 
Est-ce que d’avoir eu des photos de mon petit frère ou de ma petite sœur m’aurait aidé ? Aurait pu aider mes parents ? La réponse est personnelle, intime, mais sans me dévoiler je suis certain que si cela m’arrivait maintenant je pense que oui. 
« Il n’y a pas de hasard, que de belle rencontres ». 
Ma route bifurque sur le projet de devenir photographe (avec orientation une approche résolument tournée vers la famille dans son ensemble), et me permet d’être en contact avec de belles personnes. C’est comme cela que je croise « sur les réseaux » Hélène et Jean et leur très beau projet Souvenange. 
Une évidence ! Je souhaite faire partie de cette aventure. Pouvoir permettre à des familles d’apaiser leur souffrance, pouvoir leur permettre de poser leur regard sur un être cher. Si je peux leur apporter un peu de bonheur, alors j’y vais.
Donner sans rien attendre en retour, ou juste un sourire, un merci. Il suffit de pas grand-chose, et c’est à la portée de tout un chacun.